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Heppner lance son premier baromètre « Les jeunes et les métier du transport et de la logistique »

, par Luc Battais

Heppner et l’institut Harris Interactive ont présenté le 12 juin dernier, leur premier baromètre sur la perception qu’ont les français de 18 à 29 ans du secteur du transport et de la logistique. Le bilan n’est pas si encourageant.

Tout comme ses sous-traitants, le groupe Heppner, désormais surtout commissionnaire de transport après son désengagement récent de la logistique, peine à recruter des conducteurs, du personnel logistique, mais aussi des cadres dans toutes les fonctions de l’entreprise. Et cela, malgré une démarche déjà ancienne de formation interne dans plusieurs dispositifs laissant une large place à l’alternance et de collaboration avec les écoles.

« Ce que nous cherchons avant tout ce sont des compétences et nous pouvons les trouver dans bien des filières de formation qui n’ont rien à voir avec le transport ou la logistique, Il faut donc que les jeunes connaissent mieux nos secteurs pour avoir envie d’y effectuer une carrière » explique en substance Jean-Thomas Schmitt, directeur général d’Heppner.

De ce point de vue les résultats de l’enquête d’Harris Interactive pour le premier baromètre Heppner ne sont pas encourageants. Réalisée auprès d’un panel de 1000 personnes, susceptible de cristalliser l’opinion des français de 18 à 29 ans, l’étude a été construite de manière à capter la représentation que se font les jeunes du transport et de la logistique.

Globalement, ils sont 79% à avoir « une bonne image de la gestion de la chaîne logistique » tandis que 71% ont déclaré avoir « une bonne image du secteur du transport et de la logistique » ; 91% en « perçoivent le rôle majeur pour le fonctionnement de l’économie française ».

un imaginaire de la mobilité très large

Sauf que, première déconvenue, seuls 44% ont envie d’y travailler même s’ils le recommanderaient à un proche à 60%.
Et l’intérêt de ces réponses ne peut qu’être minoré par le fait que 56% des personnes interrogées ont indiqué que le secteur du transport et de la logistique leur était « mal connu ».
Pire, quand la question leur a été posée de savoir à quels concepts, à quels mots ils l’associaient, le transport, la pollution la pénibilité ont majoritairement émergé.

Ce que la communication d’Heppner traduit pudiquement par : « Les jeunes français ont une vision très vaste du secteur. Interrogés sur ce qu’il leur inspire, ils ont tendance à évoquer des termes avant tout associés à un imaginaire de la mobilité très large, au domaine des transports ».

Enjeu d’attractivité

En tout état de cause, l’étude conclut, après bien d’autres, qu’il y a pour les entreprises du transport et de la logistique « un enjeu d’attractivité et de pédagogie pour l’avenir » en constatant que 88% des jeunes interrogés pensent que c’est un secteur qui recrute et que 85% pensent que les nouvelles technologies vont avoir un impact important sur le secteur.
Rien de nouveau, donc, dans ce premier baromètre, mais un constat renouvelé que les professionnels du transport et de la logistique vont probablement devoir changer leur fusil d’épaule dans leur manière de présenter leurs métiers aux jeunes générations.

L’intervention d’un recruteur spécialisé dans les achats et la logistique lors de la présentation du baromètre a permis en effet de mettre en évidence qu’il était important dans la communication sur les métiers de ne pas brouiller le message en mêlant sans cesse les notions de supply-chain, de transport, de logistique et de « gestion de la chaîne logistique ».

Faire le tri

Il a été rappelé également que les métiers très qualifiés de pilotages de la supply-chain se trouvent d’abord chez les industriels tandis que les métiers du transport et de la logistique se trouvent essentiellement chez leurs prestataires avec des prérequis en termes de compétences et des perspectives d’évolution extrêmement discriminés selon que l’on travaille dans le transport - a fortiori chez un commissionnaire de transport- ou dans la logistique.

Quant à la mise en avant de l’emploi des nouvelles technologies, on sait désormais qu’elle est jugée suspecte par les générations nées dans un environnement où leur usage est ordinaire.
Enfin, dans un secteur comme la logistique, par exemple, des technologies liées à l’automatisation peuvent à bon droit être perçues comme destructrices d’emplois ouvriers qu’elles remplacent par peu d’emplois très qualifiés (surveillance, maintenance des systèmes) et très peu d’emplois d’exécution pas du tout attractifs pour des jeunes dont le « top3 des besoins d’information » , toujours selon l’étude Harris Interactive Heppner, sont « le salaire moyen, les différents types de métier et les perspectives d’évolution ».

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