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Yellow Relay, le réseau qui livre l’Afrique

, par Luc Battais

Yellow Relay est une plateforme d’expédition de colis C to C en ligne qui livre l’Afrique en s’appuyant sur son propre réseau de points relais en cours de constitution avec l’aide, notamment d’un grand pure-player local de l’e-commerce, Jumia. Prochaine étape, une offre B to C permettant aux africains d’acheter en ligne – avec paiement sécurisé - sur des sites français et européens.

Bernard Tribeno et Maxime Boadji ont constitué leur startup en février 2016 sur l’idée qu’il y avait un service à offrir aux 6 ou 7 millions d’Africains vivant en France qui voulaient envoyer des colis à leur famille en Afrique. Car l’extrême difficulté rencontrée par cette diaspora est le manque d’adresses de livraison précises, même dans les grandes villes : ce qui rend vaine l’efficacité des systèmes de livraison comme ceux de DHL ou de Chronopost. En lançant Yellow Relay, les deux associés ont commencé par créer un réseau de points relais centré sur Abidjan en Côte-d’Ivoire avec le projet de l’étendre progressivement à tous les pays de l’Afrique francophone puis à la partie anglophone. L’objectif premier était de « donner des adresses à l’Afrique ».

800 points relais en 2018

Il existe aujourd’hui 450 points Yellow Relay dans 33 pays africains et leur nombre devrait passer à 800 dans le courant de cette année.
« En Afrique les gens ont leur propre carte mentale de leur ville, elle comporte des points de repère qui permettent de décrire une destination à un taxi, par exemple, mais en aucun cas ils ne constituent une adresse, c’est ingérable pour un système de livraison moderne, indique Bernardo Tribeno, nos points relais ont vocation à devenir ces points de repère ».

Des livraisons du dernier kilomètre au bout de l’express

En même temps que ce réseau d’adresses de livraison, une plate-forme d’expédition en ligne voyait le jour qui permet aux particuliers ou aux PME d’acheter du transport en ligne. Le paiement du transport avec ou sans dédouanement à l’arrivée permet d’imprimer un bordereau d’expédition ainsi que l’étiquette à apposer sur le colis qui seront remis dans les points de contact des transporteurs référencés par la plate-forme (DHL, DPD,UPS, Fedex...) ou dans la vingtaine de points relais que compte pour l’instant le réseau en France.

Bouquet de services

La particularité de l’enseigne est de construire à partir de ces points relais, un bouquet de services qui paraîtraient bien ordinaires à un gestionnaire de réseau européen mais dont la production en Afrique demande des trésors d’ingéniosité et de technologie.

Cela, notamment quand il s’agit d’aviser de l’arrivée d’un colis par SMS à des destinataires, parfois très éloignés des villes ou encore quand il faut authentifier l’identité de la personne que le destinataire charge de retirer le colis à sa place. Des applications sont en cours de développement à cette fin ainsi qu’une application permettant aux expéditeurs européens de trouver un point relai dans une ville africaine.

Pour construire ces services, Bernard Tribeno, ingénieur télécom, s’appuie sur les seuls réseaux téléphoniques qui garantissent une couverture quasi complète du continent : les opérateurs « 2G » utilisés surtout avec des cartes prépayées.
« Le taux d’équipement en téléphonie mobile est supérieur à 100% car les africains ont souvent plusieurs téléphones, un par réseau utilisé car il n’y a pas d’interopérabilité entre les réseaux. Mais en matière de téléphonie ils ne sont pas passés par la case téléphone fixe, explique Bernardo Tribeno, ils sont passés de rien à de la téléphonie mobile accessible jusque dans les endroits les plus reculés ».

Pour en finir avec le "contre remboursement"

Dans un deuxième temps, la téléphonie mobile et le réseau Wi-Fi devraient permettre de donner aux africains les moyens de commander en ligne sur des sites internationaux, ce qu’ils ne peuvent pas faire jusqu’à présent. En effet le taux de bancarisation étant de l’ordre de 3 à 4% en Afrique, la règle y est le paiement en espèce à la livraison.

Les quelques titulaires d’un compte en banque et donc d’une carte de crédit peuvent déjà augmenter le volume de leurs achats en ligne avec la facilitation des livraisons mais les autres devront se contenter encore un moment d’acheter en ligne sur des sites africains qui livrent les internautes contre-remboursement par un système de coursiers parfois hétéroclite.

Paiement sécurisé

Yellow Relay travaille aujourd’hui à un système de paiement sécurisé qui permettrait soit aux gérants des relais de recevoir des espèces à la remise du colis à expédier et de payer l’e-commerçant européen en monnaie électronique.
Ou encore en donnant la possibilité à l’acheteur africain de payer sa commande en ligne de façon sécurisée au moyen d’une carte téléphonique ou d’un compte de type « Orange Money ».
Quand le système de paiement sécurisé sera en place, rien n’empêchera les Africains de devenir à leur tour expéditeurs vers l’Europe. En attendant la start-up pense aujourd’hui lever 2M€ pour accélérer son développement.

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