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Gefco sort du silence et change de marque

, par Luc Battais

Luc Nadal, président du directoire de Gefco a dévoilé le 30 janvier la nouvelle identité du groupe. Ce sera désormais « Gefco Partners unlimited ». Cette annonce prend un sens particulier pour l’ancienne filiale de PSA Peugeot Citroën, car elle signe la fin d’un « silence radio » de 5 ans décrété au moment de la prise de participation majoritaire des chemins de fer Russes RZD dans Gefco et du lancement d’une importante transformation de l’entreprise.

En 2012 le Groupe PSA Peugeot Citroën annonçait qu’il cédait pour 800M€, 75% de sa filiale logistique Gefco à la compagnie des chemins de fer Russe RZD. Depuis, le groupe ne s’est pratiquement jamais exprimé, sur les conséquences de ce nouvel actionnariat sur la stratégie du groupe notamment à l’international.

Pendant cette période, le nom du groupe a surtout été associé aux plans de sauvegarde de l’emploi qui ont émaillé la réorganisation douloureuse de la filiale française. En sortant du silence pour la première fois depuis 5 ans Luc Nadal président du directoire et Emmanuel Arnaud , Vice-président exécutif Commerce & Marketing, veulent porter une marque nouvelle emblématique d’un changement profond... qu’il n’est pas si simple d’identifier.

Partners unlimited

On explique en substance chez Gefco, que la notion de « Partners unlimited » caractérise une évolution de l’entreprise vers un accompagnement encore plus étroit des clients «  plus en profondeur dans l’organisation de leur supply-chain », en utilisant toutes les ressources des nouvelles technologies et en déployant le réseau mondial. Un commissionnaire de transport international digne de ce nom, au surplus intégrateur logistique, ne peut pas dire autre chose en ce moment.
Mais, pour Gefco et au bout plusieurs années de transformation cela suggère que le changement d’actionnaire n’a pas freiné le développement du groupe ni modifié ses options stratégiques en soutenant les projets de long terme déjà lancés au moment du rachat.

Car le développement de routes ferroviaires ou non, entre la Russie et la Chine, mais aussi entre la Turquie et la Russie pour l’industrie automobile, les aménagements de terminaux en bordure de la Mer Noire pour cette même industrie, la présence dans des pays comme l’Irak, tôt ou tard demandeurs de matériaux de reconstruction, sont autant de réalisations rappelées par Luc Nadal ou Emmanuel Arnaud, qui figuraient dans le plan de marche de l’entreprise bien avant la reprise par RZD.
Il convient même de rappeler qu’une partie de ces projets ont contribué à la légitimité de l’actionnariat des chemins de fer russes dans un groupe qui est probablement l’un des plus importants transporteurs ferroviaire de voitures en Europe, propriétaire de ses propres wagons.

Des wagons et de la surface de parking

Il y a 5 ans Gefco tablant sur l’explosion du marché de l’industrie automobile en Chine et en Russie souhaitait s’installer sur les nouvelle routes logistiques supportant des flux de voitures neuves produites en Russie et des flux d’équipements et de sous-ensembles alimentés depuis la Turquie, notamment, à destination des usines Russe. L’évolution géopolitique a quelque peu retardé ces ambitions, mais Luc Nadal a indiqué que le développement du transport ferroviaire de voitures et l’agrandissement des surfaces de parking pour le stockage des voitures sont des actifs stratégiques dans lesquels Gefco investira. Il a ainsi annoncé l’acquisition d’une flotte de 700 wagons ainsi que de deux parcs en Russie ajoutant que des flux d’exportation de véhicules russes avaient démarré il y a quelques mois.

Le président du directoire de Gefco l’a souligné, cette attitude n’est pas neutre de la part d’une entreprise de commission de transport - « assets ligth » par construction - qui sur 4,4millards d’Euro de chiffre d’affaires en 2017 (+5% par rapport à 2016), a consacré 3,1milliards à l’achat de prestations externes et notamment de transport.

Gefco, même sous sa nouvelle enseigne, est plus que jamais un assembleur de prestations qui tire sa marge de la performance de ses organisations. Ce point éclaire les rares chiffres que Luc Nadal a dévoilés lors de sa conférence de presse. Il a rappelé que le secteur de l’automobile représentait comme par le passé 70% de l’activité de son groupe avec pour client principal PSA Peugeot Citroën, (qui a racheté son second client Opel-Vauxhall).

La résilience hors PSA Peugeot Citroën

Il a révélé également que toutes les activités du groupe (compris l’entreposage) sont désormais bénéficiaires et que la prochaine publication des chiffres de 2017 fera apparaître un EBITDA en progression de 15% et un EBIT de +22%. A eux seuls ces chiffres peuvent donner une idée de l’ampleur du chantier de réorganisation. Ils tendraient à montrer que la réforme a permis d’atteindre un objectif sur lequel pas mal de dirigeants du groupe se sont cassé les dents pendant plusieurs décennies : organiser un système de production mondial rentable et surtout résilient par rapport aux besoins logistiques du principal client PSA Peugeot Citroën... qui n’est plus le principal actionnaire depuis 2012.

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